La France a besoin d’une Europe forte

La France a besoin d'une Europe forte !


L’Union Européenne n’incarne pas seulement un idéal de paix. Elle est plus que jamais indispensable et utile pour notre pays : elle est la condition même de sa puissance. La tradition politique de l'UDI, héritière des pères fondateurs de l'Europe, et la tradition républicaine gaulliste des Républicains se rejoignent autour de cette idée : quels que soient nos sentiments et nos relations affectives à l'égard de la construction européenne, nous avons besoin sur un grand nombre de sujets d'une coopération et d'une intégration plus poussée de nos Etats-nations.
1Un gouvernement économique de la zone euro est indispensable pour défendre la souveraineté de la France
Le projet de l'UDI est très clair sur le sujet : nous avons besoin d'un Ministère de l’Economie et des Finances de la zone euro doté d’une réelle légitimité politique.

Adopter des politiques industrielles communes, dans de nombreux domaines, tels que le numérique, les nanotechnologies, la transition énergétique et bien d’autres, est le meilleur moyen de faire valoir et d’additionner les atouts de nos secteurs d’activité les plus performants en réduisant les coûts. C’est aussi le moyen d’assurer notre indépendance technologique et de développer notre capacité d’exportation.

François Fillon a également raison d'annoncer la création à terme, après la convergence fiscale, d'un Trésor européen avec une mise en commun des dettes nationales.

Enfin, pour défendre notre indépendance face aux Etats-Unis, il faut faire de l'euro une véritable monnaie de règlement. François Fillon est la seule personnalité politique a mettre ce sujet sur la table depuis des années, alors que la justice américaine a récemment encore condamné hors de toute logique une entreprise française, BNP Paribas, à une amende record de 8,9 milliards de dollars dans le seul but de préserver les intérêts américains.
2Nous avons besoin d'une harmonisation fiscale pour une concurrence plus juste entre Européens
Face au dumping social et fiscal, il faut harmoniser nos législations nationales. Il faut définir des marges au sein desquelles les principaux taux d’imposition nationaux seront susceptibles de fluctuer avec pour objectif d'harmoniser également à moyen terme les prélèvements sociaux et les couvertures sociales. Il faut également en finir avec la législation actuelle concernant les travailleurs détachés : les salariés et entreprises qui travaillent dans un pays de l’Union doivent cotiser et bénéficier des protections dans le pays où s’exerce leur activité.
3La lutte contre le réchauffement climatique ne peut se faire qu'à l'échelle européenne
La France doit assumer le leadership européen de la lutte contre le réchauffement climatique. L’urgence, c’est le climat : le réchauffement climatique doit être enrayé à tout prix alors que notre planète a connu un réchauffement global de près de 1 degré en seulement 130 ans. La France doit pousser l'Union Européenne à s'inscrire en faux contre toute tentative, américaine notamment, de revenir sur l'engagement historique de la COP 21 et la volonté exprimée à Paris de limiter le réchauffement à moins de 2 degrés pendant le 21e siècle. Pour y parvenir, François Fillon s'est positionné très clairement pour relancer le système européen des quotas de plafonds d'émission de dioxyde de carbone : une discussion avec nos partenaires doit permettre d'assurer un prix plancher de 30 € la tonne de dioxyde de carbone. Il a raison : il faut donner la priorité à une valorisation suffisamment élevée du carbone !
4Une Europe fédérée de la sécurité pour mieux nous protéger
Les contrôles aux frontières extérieures de l’UE doivent être renforcés, notamment en tirant profit des opportunités ouvertes par les nouvelles technologies (biométrie, reconnaissance comportementale et faciale ...).

La mise en place du “PNR”, le registre européen des données relatif à tous les passagers aériens est indispensable. La première directive de la Commission à ce sujet date de 2007 et il n’est toujours pas en application aujourd’hui. Il permettrait de mettre en place une “No fly list” à l’américaine pour regrouper tous les individus porteurs d’une menace.

Il faut aussi mettre en place un corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes, réclamé par l’Alliance des Libéraux et des Démocrates aux élections européennes 2014 et défendu aujourd’hui par François Fillon. La suppression des frontières entre Etats de l’UE est un acquis sur lequel personne ne peut et doit revenir, à condition de créer un vrai contrôle aux frontières extérieures.

Nous devons aussi mettre un terme aux carences de coopération dans le domaine du renseignement avec un renforcement des moyens d’action de la plate forme commune européenne de lutte anti-terroriste qu’est le Centre Européen de Lutte contre le Terrorisme. La partage d’informations doit être systématisé et les services de renseignement intérieur ne doivent plus faire de rétention d’informations, comme dans le cas d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau des attentats du 13 novembre, connu des services belges.

Enfin, alors que les enjeux de sécurité intérieure débordent les frontières nationales, il faut trouver une réponse européenne. L'UDI a pris une position très forte : un véritable Parquet Européen compétent doit être mis sur pied pour engager des poursuites devant les juridictions pénales nationales. Il pourra ainsi mieux coordonner la lutte contre cette délinquance qui ne connait pas de frontières, alors que nos polices, elles, les subissent. La création de ce parquet ira de pair avec celle d’une Police Fédérale Européenne habilitée à poursuivre les grands trafics et criminels par-delà les frontières des Etats.
5Une Europe indépendante de la Défense
François Fillon a raison de demander à chaque pays européen des efforts militaires et financiers pour donner à l’Europe le pouvoir de peser militairement sur la scène internationale.

La France ne peut plus être le seul pays européen à assumer ses responsabilités. Les Danois et les Belges sont aujourd’hui les seuls autres Etats membres de la nouvelle UE à 27 à avoir apporté un concours militaire, modeste, à la coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie ! Depuis le Brexit, seule l'armée français a une capacité concrète d’intervention parmi les Etats membres de l’UE. Cette position fait notre fierté mais elle a un coût : à titre d’exemple, le programme Scorpion permettant la modernisation des groupements tactiques interarmes (GTIA) va coûter 738 millions d’euros.

Le contribuable français ne peut plus être le seul à assumer la sécurité des Européens : nous devons prendre la voie d’une mutualisation de l’effort de défense, défendu par Michel Barnier, ou à défaut, solliciter des financements européens pour nos opérations extérieures comme le budget européen le fait déjà pour des équipements non létaux.