L’école, socle des réussites

L'école, socle des réussites


La crise de l’école républicaine est double. D'un côté, l’Education Nationale n’assure plus le renforcement de la cohésion républicaine et l’acquisition des grands principes de vivre-ensemble. De l'autre, notre système éducatif n’est plus à même de former un socle des réussites pour chacun en ouvrant la jeunesse vers le monde professionnel.
1Changer de philosophie : faire confiance à l'autonomie et à la liberté
Pour retrouver le chemin de la réussite, c'est tout notre système éducatif qui doit obéir à une philosophie différente et doit reposer sur des bases moins centralisées : il est vain d'espérer que la rue de Grenelle détienne le monopole des bonnes idées !

Le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing affirmait très justement qu''“il faut faciliter l’action des autres plutôt que de décider à leur place". Je ne pense donc pas que l'on puisse résoudre les difficultés rencontrées par certains élèves comme l'a fait Najat Vallaud-Belkacem à coup de faux "grands plans de lutte contre le décrochage" dont la seule fonction est d'ajouter une sur-couche de “comité interministériels de lutte contre le décrochage” et de “comités opérationnels régionaux”.

Faisons confiance au terrain et aux initiatives locales : on ne pourra pas renouveler les pratiques et les méthodes d'enseignement sans donner plus de marges de manoeuvre aux enseignants. Ce chemin vers une véritable autonomisation des établissements et des équipes pédagogiques est très long. Pour impulser un tel changement de philosophie, commençons par mettre en oeuvre des mesures concrètes qui donnent une signal très clair à la communauté éducative. Les équipes pédagogiques doivent intégrer l’idée qu’elles ont la responsabilité de conduire leur évolution et de donner de véritables orientations dans leurs établissements.

Nous pouvons y parvenir en développant notamment les "budgets d'autonomie" à l'image de l'expérience menée dans la Région Ile-de-France par la majorité LR-UDI de Valérie Pécresse. Il faut également offrir plus d’autonomie décisionnelle aux chefs d’établissements et à leurs équipes pédagogiques. Les chefs d'établissement du second degré doivent être en mesure de recruter leurs équipes pédagogiques et d'organiser des instances consultatives pour définir les modes de soutien des élèves qui le nécessitent et pour organiser le temps scolaire en concertation.
2L'école doit redevenir la pierre angulaire de la République
L’enseignement des valeurs fondamentales de la République et l’acquisition des grands principes de vivre-ensemble doivent constituer la mission principale de l’école primaire. C’est l’acquisition des grandes règles implicites de la vie en commun et les grands cadres intérieurs de la vie en société qui sont prioritaires afin de produire du "commun", de développer le sentiment d’appartenance national et de diffuser la notion de citoyenneté.

L'UDI propose de rendre obligatoire la scolarité dès 3 ans pour tous les enfants (y compris ceux qui souffrent d’un handicap). .

Recentrons les programmes autour des fondamentaux : maîtrise de la langue française, maitrise de l’histoire, maitrise des mathématiques et initiation à une langue étrangère..

Enseignons le fonctionnement démocratique de nos institutions, de la laïcité et du fait religieux au collège et proposons aux lycéens de réels cours d’éducation civique. Il faut concevoir programmes comme des outils de transmission des valeurs donnant des directives claires..

La formation des maîtres et des professeurs doit être revue pour une meilleure alternance entre une partie académique, confiée aux universitaires, et une partie professionnalisante, confiée aux services pédagogiques des rectorats. Les formations théoriques des écoles supérieurs du professorat et de l’éducation ne permettent notamment pas aux enseignants d'aborder efficacement certaines questions et problématiques empiriques auxquelles ils sont confrontés. Il faut que les enseignants puissent bénéficier de mises en situation concrètes où ils sont confrontés à des élèves tenant des propos complotistes, antisémites, ou critiques de la liberté d'expression et qu'il est indispensable de réintégrer dans le pacte républicain.

3L'égalité des chances : tout se joue à l'école primaire
Il faut donner la priorité au primaire pour refaire de l’Ecole le socle de la réussite de chacun. Trop de jeunes Français ne maîtrisent pas la lecture et l'écriture à l'entrée au Collège : c'est inacceptable. L'UDI propose de rendre obligatoire la scolarité dès 3 ans pour tous les enfants (y compris ceux qui souffrent d’un handicap). Et je soutiens la volonté exprimée par le candidat de la droite et du centre de consacrer les trois quarts du temps en classe à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul.
4Le rétablissement intégral de la bourse au mérite
L'égalité des chances est au coeur de notre régime social démocratique. Donner à tous la chance et la possibilité d’optimiser leurs capacités, d’utiliser tous leurs talents au service de leur pays parce qu’ils le méritent, voilà la philosophie du pacte social et républicain qui attribue les positions sociales en fonction de ce que vous faites et non pas en fonction de ce que vous êtes.

Je soutiens donc le rétablissement de la "bourse au mérite", divisée par deux par la gauche, sous la forme d'un versement d'une aide complémentaire aux bacheliers boursiers obtenant une mention « très bien » d'un montant de 1800 euros. A titre personnel, je défends l'extension de cette bourse jusqu'au niveau Master contre le niveau Licence aujourd'hui en raison des mutations de l'environnement professionnel des dernières décennies qui ont conduit à une dévalorisation de certains diplômes "niveau Licence" au regard des débouchés offerts par les diplômes "niveau Master".
5Un droit à la deuxième chance pour tous
Je soutiens la généralisation des écoles de la deuxième chance qui font le pari de l’individualisation des apprentissages sur l’ensemble du territoire alors qu'il en existe une centaine aujourd’hui seulement. Il faut aussi proposer aux élèves qui auront échoué au baccalauréat et qui ne souhaitent pas poursuivre dans cette voie une seconde chance à travers une formation professionnalisante d’une durée au moins égale à 18 mois
6Soutenir les dispositifs innovants pour accompagner les élèves en difficulté
Répartir de manière plus efficace les moyens pour permettre une détection et un accompagnement plus précoces des élèves en passe de décrocher, avec notamment la création d’une caisse autonome de soutien par établissement de 2 000 euros par enfant détecté comme étant en difficulté, à comparer avec le coût de 5 000 euros généré par un redoublement.

Pour faciliter les retours en formation et l’insertion des décrocheurs sur le long terme, il faut soutenir le développement de dispositifs innovants permettant de "raccrocher" les élèves en difficulté, à l'image du « Lycée des possibles » de la Celle-Saint-Cloud, des centres de l’Établissement pour l’insertion dans l’emploi, des maisons familiales et rurales ou des lycées du soir.

Pour généraliser leur installation et diminuer les "barrières à l'entrée" financières, nous devons nous inspirer de l'appel à projet régional « Phénix » qui soutient les acteurs développant "des stratégies innovantes de retour à l’école et/ou d’insertion des jeunes décrocheurs" et qui ont fait preuve de leur efficacité.

7Ouvrir les lycées vers le monde de l'entreprise
La politique éducative menée par les socialistes au début des années 1990 a conduit à créer un fossé considérable entre l'offre éducative nationale et les besoins de notre économie et du monde du travail. Pour y remédier, un certain nombre de mesures sont indispensables pour adapter nos formations et assurer la capacité de notre système éducatif à former des Hommes et des Femmes pour demain.

Alors qu'un tiers des lycéens et étudiants français expriment la volonté de créer ou de reprendre une entreprise, développons la fibre entrepreuriale de la jeunesse française. A coté de l'enseignement de science économique et d’économie & gestion, il faut accompagner l'assimilation de concepts théoriques par une approche plus concrète en favorisant les interventions des acteurs du monde économique auprès des lycéens.

8Mettre fin à la dévalorisation de l'apprentissage et de l'alternance qui sont des voies d'excellence !
Il faut en finir avec la stigmatisation absurde des filières professionnelles qui constituent souvent des filières d’excellence.

Pour ce faire, il faut développer à l'échelle nationale le réseau des "ambassadeurs de l'apprentissage" sur le modèle du dispositif voté par la majorité LR-UDI du Conseil Régional afin de développer dans les lycées des témoignages de jeunes anciens apprentis qui sont des symboles de réussite.

Généralisons progressivement l’alternance pour l’ensemble des formations. Tous les jeunes, quel que soit leur niveau d’étude, doivent passer par le monde du travail en cours de formation.

Je soutiens aussi l'abrogation de la limite d'âge nationale d'entrée en apprentissage pour élargir le cadre de recrutement des CFA, ce qui revient à créer des contrats d'apprentissage senior.

Accompagnons également mieux les apprentis pour éviter les décrochages. Le groupe UDI au Conseil Régional d'Ile-de-France avait développé en 2013 le programme des médiateurs de l’apprentissage, chargés de la médiation jeune-famille-entreprise-CFA pour limiter les ruptures de contrat. Il faut expérimenter un développement de ce programme à l'échelle nationale.

Il faut enfin rétablir les crédits budgétaires alloués aux contrats d'alternance. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a pris en 2013 la décision funeste de financer les "emplois d’avenir" en ponctionnant le budget de l’apprentissage. 550 millions d'euros ont été retirés directement de la mission budgétaire de promotion des contrats d’alternance. Le gouvernement a délibérément choisi de financer des contrats aidés du secteur non marchand au détriment de contrats qui fonctionnent pour l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi.

9Des formations qui garantissent 100% d'insertion professionnelle
Je défends une meilleure organisation de l'offre d'apprentissage pour que la carte des formations garantisse aux apprentis une meilleure insertion professionnelle. Pour ce faire, il faut donner une autonomie de gestion aux CFA en leur permettant de redéployer des crédits fléchés vers des filières désaffectées pour le financement de filières avec des besoins en forte hausse. Il faut également développer les liens entre les formateurs des CFA et le monde de l'entreprise pour qu’ils puissent se tenir informés des évolutions du marché.

Pour adapter la carte des formations aux nouveaux métiers, nous devons aussi nous inspirer des modèles allemands et autrichiens qui sont des modèles extrêmement décentralisés.

En Autriche, l'administration de l'apprentissage est assurée par les chambres de commerce en y associant les représentants des salariés. En Allemagne, il n’y a pas de mécanisme de mutualisation des coûts comme la taxe d’apprentissage : la formation est à la charge des entreprises.

Etudions donc la piste permettant d'ouvrir des "CFA d'entreprise" : il faut faciliter les initiatives d'entreprises visant à développer leurs propres écoles d’apprentissages afin de rendre la formation plus réactive au marché. Je pense notamment qu'il faut s'inspirer du bel exemple du lycée professionnel Privé des Métiers de l’Aéronautique d'Airbus, à Saint-Eloi.